C'est vrai, la Kawa ER-6 a fait un malheur. À 5 600 le bout, il faut dire que les arguments n'étaient pas seulement esthétiques. Bel objet d'entrée de gamme, elle a séduit et même conquis les jeunes pilotes. Yamaha réplique avec une des vedettes du salon de Milan, la XJ-6. Même dans le nom, on sent l'allusion ! Mais XJ, ça ne vous rappelle pas plutôt la Diversion ? Petits finauds que vous êtes. On vous la fait pas. Le quatre cylindres en ligne au son huilé est bien là, avec sa puissance gérable sur un filet de gaz Et, le maître mot pour cette machine est « po-ly-va-len-ce » (à prononcer syllabe par syllabe et les bras en croix de préférence).
Certes, on ne trouve plus l'ébauche de carénage très efficace qui fait le confort des Diversion originelles et par conséquent, il faudra laisser de côté l'idée de voyages au long court sans fatigue de la nuque (un petit saute-vent en plexi serait le bienvenu) mais pour le reste c'est Broadway. La nouvelle partie cycle a été dessiné pour être compacte, étroite et légère. Elle a également été conçue pour une hauteur de selle plus basse. Résultat : un comportement qui met cet engin à la portée des conducteurs de tous niveaux et de toutes tailles. Mais c'est peut-être en lorgnant sur le moteur que les futurs jeunes pilotes (bienvenue au club !) pencheront en faveur de la Yam'. Dérivé de la FZ6 (qu'elle remplace), le quatre cylindres est souple, onctueux, facile et valorisant. Pas la peine de sortir les gros muscles : le pilotage n'est pas un combat avec ce type de moteur qui affiche pourtant 78 cv à 10 000 tr/mn. Ce roadster ultra léger (205 kg tous pleins faits) dispose de pas mal d'arguments. Commençons par la ligne très effilée : en clair si la largueur de vos pieds passe, la moto va passer. Idéal pour se faufiler en ville. Passons ensuite à la ligne générale qui est épurée jusque dans les moindres détails : regardez le collecteur d'échappement qui passe sous le sabot. Génial, non. Et d'où qu'y ressort le pot d'échappement ? En dessous du moteur, sous le châssis ! Judicieux et esthétique à la fois pour une machine qui se veut résolument compacte. Dans les détails, signalons encore la possibilité de régler l'éloignement du guidon (parce que rallonger les bras, c'est plus dur), l'antivol à clé codée (dans une machine d'entrée de gamme, c'est sympa), l'optique de phare façon FZ1 et l'ergonomie des instruments de bord. Bref, pour qui veut s'offrir sa première sérieuse cylindrée, l'offre s'est accrue et les débats sont ouverts au café des Bons Amis !